Vous n'êtes pas identifié.
medusa


Voici les oeuvres tant attendues du tournoi RP.
Une fois tous les textes postés, j'ouvrirai un second topic où vous pourrez voter, donner votre avis et complimenter nos écrivains en herbe.
Je tiens à préciser que j'ai du moi même reprendre la mise en page de certains textes pour que le rendu soit identique car en copiant, collant la mise en page ne ressortait pas comme les textes originaux.
Que les auteurs n'hésitent pas à me mp s'il y a le moindre souci 
Bonne lecture à tous.
Hors ligne
medusa


Texte 1
Auteur : Arnoediad
Aux premières lueurs du matin, il était debout. La pièce lui semblait de plus en plus petite, de plus en plus étouffante. Regardant à travers le grillage de la fenêtre, il observa la ville qui se réveillait péniblement, timidement. La porte s’ouvrit alors, la silhouette imposante d’un homme lui fit face, une ombre statique se découpant dans la lumière du couloir.
- Veuillez me suivre, il est l’heure.
- Bien bien mon jeune ami, je suppose que vous devez m’entraver ?
- C’est le règlement.
Il suivit son geôlier, empruntant de nombreux passages, tous aussi longs que droits et arriva devant une porte à double battants. Ce dernier lui ouvrit la porte et ils rentrèrent dans la salle. Une chaise, une table longue au fond de la pièce, derrière laquelle plusieurs personnes étaient assises, toutes vêtues de blanc, c’était tout. Un des hommes assis lui fit signe de s’asseoir, ce qu’il fit calmement. Un autre commença alors à parler.
- Bonjour, comment allez-vous ce matin ?
- Fort bien, guérisseur, étant donné les circonstances, mais votre médecine m’embrouille l’esprit et rend mes pensées moins tranchantes que d’accoutumée.
- C’est pour votre bien, nous ne sommes là que pour vous soulager.
- Si vous le dites, je pensais naïvement que c’était plus la curiosité scientifique qui vous animait, vous et vos condisciples. Il semble que votre monde la tienne en haute estime.
- Oui, enfin bref, voulez-vous bien raconter votre histoire à mes collègues ?
L’homme assis et menotté sourit subrepticement et débuta son récit.
« Je suis né d’une union entre deux sangs différents. Mon père était un des généraux de la Cour Elfique d’Arborée, ma mère une humaine du peuple des Marches. Je vécus parmi la communauté de mon père et de par son statut, je reçus une éducation martiale et fus initié aux pouvoirs du verbe, dès mon plus jeune âge. C’était selon certains d’entre eux un privilège, étant donné mes origines. Je fus élevé par ma mère, qui m’inculqua des valeurs sans doute archaïques pour vous, mais qui doivent faire de moi qui je suis, je suppose. Mon père mourut dans une bataille, une bataille triste et célèbre, encore aujourd’hui. Ma mère mourut l’année suivante, le chagrin égrenait ses journées et la tua petit à petit. Les années passèrent, il était pour moi le temps du choix. Rester parmi les Elfes et m’élever au rang de mon père, ou l’Exil. Je choisis l’Exil, rien ne me retenait parmi eux finalement, ni l’amour, ni le sens du devoir. Je partis donc dans les contrées à l’est de la Terre des Marches, patrie de ma mère. Je fus tour à tour mercenaire, guide caravanier, contrebandier et beaucoup d’autres professions peu fort peu avouables, je le concède… »
- Parlez nous des Dragons, fit une voix féminine devant lui.
- Les Dragons sont la quintessence et la source de la magie, ces êtres vivent depuis que le monde est jeune. Mais ce que vous voulez savoir, c’est mon rapport avec eux, n’est ce pas ?
- Oui, poursuivez.
- Comme je vous l’ai dit, j’ai appris à connaître les Mots étant enfant, et ce serait trop long de vous l’expliquer ici, mais une rencontre fut déterminante.
- Je ne comprends pas bien.
- Je sais, mais ce qui vous intéresse, c’est d’en connaître plus sur ce qu’est un Dragonnier, n’est ce pas ?
- Oui, s’il vous plaît.
- Dragons et Dragonniers sont les deux faces d’une seule et même pièce. Chacun marque sur l’autre une empreinte indéfectible.
- Vous parlez toujours par énigme ? Et donc, vous chevauchiez des Dragons ?
Il sourit, et releva une de ses mèches. L’heure qui suivit, il leur raconta ses récits de guerre, leur expliqua la manière dont les Dragons aiment être choyés, leurs petites manies et leur profonde humanité, un terme qui l’amusait toujours autant, il lui semblait vain et faux, au possible.
- Mais dites-moi, fit la femme, pourquoi avoir renoncé à tous vos pouvoirs et tous vos privilèges et vous retrouver ici devant nous ?
- Parce que je l’aime, et qu’elle est dans ce monde.
- Très bien, lui fit la voix interloquée, je vous remercie, c’est tout pour ce matin.
Il regagna sa chambre, pendant ce temps, les médecins discutèrent.
- C’est un cas aussi atypique qu’intéressant, il est vraiment persuadé de tout ce qu’il nous a dit, je n’avais jamais vu ça, une telle certitude. Et son récit en est presque cohérent, fit une voix.
- C’est presque troublant, je dirais même, fit une autre voix.
- Et il n’y rien chez lui qui montre une forme de délire, à part son histoire bien sûr. Retrouvons nous après la pause, pour en rediscuter, conclut la femme.
Le soir, l’homme dans sa cellule s’endormit difficilement. Les images se succédèrent dans un rythme effréné, un vertige ininterrompu. Sa vision se fixa sur une femme, puis sur un Dragon. Il se retrouva face à lui dans une prairie verdoyante et humide. Le Dragon s’abaissa, dans une révérence gracieuse et naturelle. L’homme s’approcha, et lui caressa le bout du museau, affectueusement.
- Nous allons pouvoir y aller, prêt pour un vol matinal. Es-tu sûr de ne rien regretter, tu n’appartiens pas à ce monde, ils ne te comprennent pas, ils ne te voient même pas. Tu n’es qu’une idée pour eux, un phantasme, au mieux une allégorie de la liberté.
- Tu es là, et je suis toi.
- Mais tu es le seul de ton espèce, les tiens ne te manqueront pas ?
- Je ne suis pas seul, car tu es là, et je suis toi.
- Décidément, il semble que nous ayons la tête aussi dure l’un que l’autre, dit-il avec bonhomie.
- Tu es prêt ? L’air est bon ce matin, j’ai besoin de sentir le souffle de ce monde sur mes écailles.
- Oui je suis prêt, quand tu veux, c’est toi le maître.
- Idiot !
Dans une bourrasque, le Dragon et son Dragonnier décollèrent dans un mouvement parfait. Le Dragon vola, majestueux, les premiers rayons du soleil se reflétant sur sa robe étincelante. Ce monde était aussi beau que repoussant. Il n’y avait plus d’équilibre nulle part, un château de carte prêt à s’effondrer à tout moment.
- Quel gâchis, fit l’homme.
- Le jour viendra où ils s’apercevront que tout ceci ne leur appartient pas.
- Il sera trop tard…
- Et il sera trop tard. Nous arrivons, la maison sur cette colline, prépare-toi, je vais piquer.
Il l’aperçut, elle l’attendait dehors. Un sentiment de plénitude irradia dans tout son cœur et tout son être, il était chez lui.
Dernière modification par Meiroh (08-12-2011 01:21:10)
Hors ligne
medusa


Texte 2
Auteur : MarieNawaki (corrigé par Isandre)
Un jour de décembre, la neige tombait, recouvrant toutes les allées. Contrairement à ce que la plupart d'entre vous pourraient penser, la neige n'était pas synonyme de bonheur, de joie et encore moins de fête comme Noël. La neige n'évoquait en moi que de la douleur… Douleur de la voir tomber si calmement alors que pour certaines personnes elle peut leur ôter la vie ou pire, elle peut prendre la vie d'un être cher en vous laissant seul, elle vous regarderait sombrer dans le désespoir le plus profond et continuerait sa route comme si de rien n'était.
En ce qui me concerne, je suis Akiko, une dragonne noire banale à qui aucune attention n'était apportée et ce n'était pas plus mal comme ça. J'ai toujours été solitaire, ma mère s'est envolée un jour sans jamais revenir et depuis j'ai dû apprendre à vivre seule et presque contre tous. Je ne sortais de mon « chez moi » pratiquement jamais et pour cause : que ferais-je à l'extérieur ? La seule et unique chose qui me fascinait était le chant des Hommes et en particulier celui d'une femme qui passait souvent devant mon « antre » pour se promener dans la forêt. Elle chantait, elle chantait sans cesse ! Elle avait une voix à faire trembler le Seigneur Dragon, le dragon le plus puissant et le plus machiavélique que le monde ait pu créer ! Son nom était Lordius !
Mais Lordius n'est pas le personnage le plus important de cette histoire, tout comme je ne le suis pas. C'est « elle » ! Cette femme si belle de par sa voix. Elle m'a envoûtée, j'aimerais tellement pouvoir lui parler, pouvoir l'approcher... Mais elle prendrait peur et s'enfuirait en courant, et la raison la plus forte étant que Lordius fît passer une loi il y a trois ans de cela où il y était écrit : « Tout Dragon, Dragonne ou Dragonnet ayant un contact de près ou de loin avec un Humain devra m'être présenté et je déciderai moi-même s'il sera sauf ou s'il en paiera de sa vie ! » Personne n'est à l'abri de ce « Seigneur », s'il souhaite quelque chose ou quelqu'un, il l'aura !
Revenons à notre histoire ! Un jour je m’aperçus que la femme avait « disparue » ou du moins sa présence. Je ne l'entendais plus chanter le soir, je n'entendais plus les brindilles craquer tout comme je ne voyais plus ses pas dans la neige, qui restaient visibles autrefois et disparaissaient petit à petit, dans cette neige meurtrière, où toutes choses est éphémère. Le soir, je m'endormis en pensant à cette femme que je n'avais pas revue. J'y pensais sans me rendre compte que je commençais à m'assoupir.... Je rêvais de cette femme, elle était mal en point, allongée dans un lit en bois, je m'approchais d'elle, ses joues était rouges, elle toussait. Je m'approchais un peu plus, m'allongea sur son lit et je me blottis contre elle pour essayer de la réconforter et la réchauffer. Elle était fiévreuse, brûlante, comme les flammes d'un dragon que l'on n’arrive pas à éteindre. Elle se serra contre moi en disant : « merci gentil dragon, merci tu es mon seul ami ! »
D'un coup j'entendis un bruit, je me réveillai en sursaut, le bruit d'un craquement de brindilles et le doux son de la neige se faisant « écrasée » sous un poids. Comme je l'ai déjà dit auparavant, l'hiver et la neige sont trompeurs et apportent souvent de mauvaises nouvelles. Mon cœur arrêta de s'emballer lorsque je vis les Valets de la Cour de Lordius arriver. J'étais accusée d'avoir été en relation avec un Humain et je devais me présenter immédiatement à la Cour du Seigneur. Les Valets m'escortèrent jusqu'au « Repère de la Bête », le fameux Seigneur, qu'allait-il m'arriver ? Allait-il me tuer ou me laisser la vie ? Personne ne pouvait répondre à ces questions qui m'obsédèrent pendant ce trajet menant je pense, vers le couloir de la mort.
J'arrivai enfin devant Lordius, son regard froid était à la hauteur de sa réputation. Personne n'aimerait se perdre dans ses yeux croyez moi ! Il était beaucoup plus grand que je ne l'avais pu imaginer, il faisait environ trois fois ma taille debout ce qui revient à six humains les uns sur les autres. Mais ce n'est pas ce qui attira le plus mon attention... Mon attention était portée sur « une toute petite chose » face au Seigneur, elle était entourée de trois dragons mais je reconnaissais cette silhouette dans le coin de la pièce . C'était « elle » ! Cette femme dont j'ai rêvée quelques jours auparavant était là, mais pourquoi ? Serait-ce elle l'humaine avec qui j'aurais eu un « contact » ? Non, c'est impossible je ne lui ai jamais adressé la parole, je ne l'ai jamais approchée et encore moins touchée. Alors pourquoi ? Pourquoi était-elle là et comment en étions-nous arrivés là ?
Lordius s'avança, me regarda avec un air de supériorité et prit la parole : « Akiko, c'est ça ? Alors c'est toi qui a osé transgresser ma loi ? C'est toi qui oses te rebeller contre moi en bravant l'interdit ? Réponds insolente ! »
Tout en baissant la tête je répondis : « Je suis désolée mon Seigneur mais... je ne vois pas de quelle faute je suis accusée !
-Comment ? Essais-tu d'échapper à ta sanction jeune dragonne ?
-Non votre Honneur, j'essaie juste de comprendre pourquoi ? Pourquoi suis-je ici alors que je ne suis en rien fautive ?
-Assez ! Comment osez-vous répondre au plus grand Seigneur de tous les temps ? Dit un garde en la frappant au visage.
-Ça suffit ! Reprit Lordius. Cette petite ne comprend pas ? Alors expliquons lui à notre manière ce dont elle est accusée ! Gardes emmenez notre invité ! »
Des gardes s'approchèrent en tirant derrière eux la femme que j'avais vue tellement de fois sans jamais l'approcher et sans jamais qu'elle ne me voit.
Lordius me proposa un marché ou plutôt deux marchés. Le premier était que je devais choisir entre mourir ou la voir mourir et être libre après, cette proposition n'étant pas vraiment alléchante je décidai d'écouter la deuxième avec un peu plus d'attention. Cette deuxième proposition consistait à ce que je me batte en duel contre le Seigneur, mais pas n'importe quel duel, c'était un duel à mort ! Si je gagnais le combat je prendrais la place de Lordius, je pourrais enfin supprimer cette loi qui interdit les relations entre les Hommes et les Dragons et je pourrais nous sauver elle et moi de ce sort impitoyable. Lordius me tira de mon rêve de victoire en précisant que si je mourrais, elle mourrait aussi... Elle me regarda, attendant les mots qui nous mèneraient sur le sentier de la mort ou celui de la vie. Sachant que vous et moi, lecteurs et lectrices, nous ne savons toujours pas qu'elle était ma faute, je décidai de choisir le combat à mort, c'était notre seule issue de secours !
Le lendemain dans l'arène, tous les sujets du Seigneur étaient présents. Lordius avait revêtu son armure de guerre, comme pour les grandes occasions. Moi je n'avais eu le droit qu'à un casque rouillé ainsi qu'une épée et un bouclier rouillés eux aussi... Face aux armes d'argent du Seigneur, la partie était perdue d'avance ! Mais je m'étais imposé de gagner pour la sauver elle et même si je ne gagnais pas, je donnerais tout ce que j'ai pour me battre jusqu'à mon dernier souffle, ni la douleur, ni la peur ne m’empêcheront de me battre jusqu'au bout, j'en ai fait le serment ! La foule commençait à s'agiter, Lordius s’avança dans l'arène, les gardes me jetèrent dedans en fermant les portes derrière moi et une barrière magique commença à se former autour de nous, je ne pouvais plus m'échapper et toutes aides extérieures miraculeuses ne pouvaient arriver, c'était trop beau de rêver !
Elle était assise à côté de l'arbitre qui n'était autre qu'un Valet du Seigneur, ce qui ne me rassurait le moins du monde. L'arbitre siffla le début du combat et déjà Lordius était dans les airs, ses ailes faisaient trois fois la taille des miennes c’était impressionnant ! Le temps que je réalise que ma vie était en jeu mon adversaire plongeait déjà sur moi en piqué. Je m'envolai à mon tour et tentai d'esquiver toutes ses attaques. Une attaque vrillée réussit néanmoins à me toucher au ventre, je fus propulsée contre la barrière et je retombai par terre. La douleur était incontrôlable. Quelle force, quelle puissance ! Comment vais-je faire ? Je dois la sauver ! Je dois la sauver ! Tout en répétant cette phrase, je me relevai doucement plus décidée que jamais à gagner. Lordius, croyant le combat terminé, baissa sa garde, je fonçai alors sur lui tête baissée et épée en avant. Mon épée alla se planter droit dans son cardia et ne voulut plus en ressortir. Lordius tomba à terre et ne bougea plus. J'avais gagné ! La liberté était à moi, la liberté était à nous !
La neige commença a tomber mais je n'y accordais pas une grande importance, j'étais ressortie vainqueur face à Lordius, face au Seigneur, c'était un rêve inimaginable ! La femme me regarda et commença à s'agiter me faisant de grands signes mais je n'entendais rien, le bruit de la foule cachait sa voix. Tout à coup je compris ce qu'elle voulait dire ou plutôt je le sentis, une ombre se dressa derrière moi, et à peine ai-je eu le temps de me retourner qu'elle me frappa avec toute sa force pour me propulser le plus fortement possible contre le mur. Je n’eus même pas le temps de tomber à terre que cette ombre me plaqua de tout son poids encore plus fort contre celui-ci. Lordius me dit : « Alors jeune effrontée, tu croyais avoir gagné hein ? La victoire ne sera pas aussi facile ! » Sur ce dernier mot il me lança en l'air, c'était une chance, je n'avais plus qu'a m'envoler et... non, impossible de voler, il m'a broyé l'aile, je ne peux plus voler que faire ? Lordius, en un éclair, pris son épée et s'envola au dessus de moi, il était tellement rapide que je ne le vis même pas arriver. Il brandit l'épée au dessus de mon corps et s'écria : «Que les traîtres à la couronne meurt ! » Il m’enfonça son épée dans la poitrine avec un élan incroyable et maintenant son épée enfoncée, il suivit ma descente jusqu'à l'écrasement au sol.
Je voyais ma dernière heure arriver. J'allais vraiment mourir comme ça ? Non je ne peux pas ! J'ai fait serment de me battre jusqu'au bout il faut que je me relève il le faut ! Je rassemblai le peu de force qui me restait pour ce dernier duel. Lordius était affaibli par la blessure et le placage qu'il venait de me faire. Ses armes ne pouvaient lui être d'aucune utilité vu l’état où elles étaient. Nous étions donc à force égale. On se regarda, je pris mon élan et fonça le poing armé sur lui. Il se mit en position de parage et bloqua mon poing dans le sien, il tenta de me frapper de l'autre main mais je bloquai son attaque également. Nous ne pouvions que nous regarder dans les yeux, le moindre signe de faiblesse donnerait la victoire à l'adversaire, et changerait la face du monde. Lordius finit par me dire à voix basse tout en continuant à lutter : « Regarde ta protégée, regarde la bien car cela risque d'être la dernière fois que tu pourras voir son si beau visage. » Je me retournai lentement vers elle tout en maintenant les poings de Lordius, et je vis un dragon muni d'un sabre juste derrière elle, il attendait sans doute les ordres de son Seigneur pour l'exécuter.
Lordius commençait à perdre ses forces petit à petit mais je commençais à fatiguer moi aussi. Mes blessures me faisaient souffrir le martyre mais il fallait continuer à lutter ! Le Seigneur me murmura : « Perds ! Laisse moi te tuer et la fille sera sauve ! » Je me mis alors à trembler, que faire s'il ne tient pas parole ? Mais... je ne pourrai rien faire. Je serai morte, je ne pourrai pas respecter mon serment de lutter jusqu'à la mort. Mais si je perds, si je perds sans me laisser faire il la tuera a coup sûr. Alors je lui répondis : « Tu as gagné... Mais comment être sûre que tu tiendras ta parole ? » Lordius sourit légèrement et dit : « Cette femme n'est pas aussi inoffensive qu'elle en a l'air, elle pourrait bien te surprendre. » Sur ces mots, je la regardai une dernière fois et me laissai aller. Mes forces me quittant, je murmurai dans un dernier souffle : « Vas-y tue moi mais libère la ! » A ce moment même, Lordius recula son poing pour prendre de l'élan, puisa dans ses dernières forces, se concentra pour donner tout ce qui lui restait de puissance et viser un endroit fatal. Le temps me parut long avant que son poing ne m'atteigne. Il visa le cœur, la douleur fut intense puis ce fut le vide !
Je me réveillai, j'étais encore dans l’arène, que s'était-il passé ? Je voyais la femme se pencher sur moi et me dire : « Kisa ! Je m'appelle Kisa ! » Cette voix je la connaissais bien mais cela faisait tellement longtemps que je ne l'avais entendu. Elle me murmura à l'oreille : « Ne t’inquiète pas Akiko tu vas me rejoindre dans très peu de temps, la mort est douloureuse mais après nous serons enfin réunies... ma chérie ! » Tout me revint en un éclair, ce nom, celui que je chérissais tant, et cette voix... cette voix qui me chantait si souvent, le soir pour m'endormir,une berceuse pour faire fuir les mauvais rêves, cette voix qui me semblait être la plus belle du monde....c'était celle de ma mère ! Mais comment ? Ma mère était une dragonne et je ne l'avais pas revue depuis mon enfance je croyais qu'elle était... morte. Je fermai alors les yeux doucement et me laissai aller.
Une voix venant de nulle part me dit : « Akiko, il reste un autre mystère que tu n'as pas résolu. Sais-tu pourquoi as tu été accusée par le Seigneur ? » J'eus beau réfléchir, ce passage de l'histoire, de mon histoire, restait dans l'ombre. La voix reprit la parole mais elle changea au fur et à mesure que les mots se prononçaient : « C'est tout simplement que ton rêve où je fus malade n'était peut-être pas qu'une simple idée sortit de ta tête. » Je me retournai brusquement, cherchant quelqu'un des yeux, ma mère, c'était elle qui me parlait encore une fois, elle était toujours près de moi ! D'un coup, les ténèbres fondirent sur moi et entraînèrent mon corps sûrement vers un lieu inconnu. Mon âme elle disparue, je ne vivais plus.
Le jour de ma mort, une petite fille humaine venait de naître, cette fille avait pour nom Akiko ! Vous, chers lecteurs, qu'en pensez-vous ? Est-ce-que ma mère et moi-même nous étions-nous réincarnées comme le disent certaines légendes ? Cela nul ne peut le savoir !
Dernière modification par Meiroh (08-12-2011 01:21:37)
Hors ligne
medusa


Texte 3
Auteur : Skrittnar
La question des couleurs.
Lorsque je me remémore certains épisodes de mon passé, je me demande souvent si nous n'étions pas obnubilés par le jeu des couleurs.
Aujourd'hui encore, je ne saurais nier que j'aime le vert. La tendresse de la mousse, l'immensité de l'herbe ou l'ombre des feuillages (cette dernière cependant ne me fait plus le même effet maintenant). Oui, le vert est une belle couleur, dans laquelle il m'est aisé de me fondre. Les cerfs n'ont qu'a bien se tenir!
Mais plus encore que le vert, le rouge me plait. Le sang des cerfs me direz vous? Non, trop discret celui là. Ce que j'aime, c'est la Rouge. Celle qui est à moi.
À l'époque où je l'avais trouvée, le soleil couchant semblait fade à côté d'elle. Il s'éteignait alors qu'elle, jeune et puissante, commençait à briller.
Mais j'ai quand même pu l'attraper.
Ma vie fut longtemps guidée par le seul vert, puis la Rouge est venue y ajouter sa teinte. Peu de temps après La question est venue pour la première fois: «Quelle couleur?». Le vert et le rouge devaient se mélanger pour sceller notre union.
Bien sûr, au début on se posait la question comme ça, un peu comme une formalité inféodée à un avenir lointain, nécessaire mais inconnu.
Les premiers mélanges n'ont évidemment rien donné. Si couleur il y avait, nous n’eûmes pas le loisir de la contempler.
Les tout premiers que la Rouge a donnés, ronds et blancs, je les ai mangés. Je n'étais pas prêt et la chasse était mauvaise à ce moment. Vous en conviendrez, il faut prévoir ces choses là. La Rouge aurait vite eu faim elle aussi.
Les seconds, je les ai encore mangés. Ainsi que les troisièmes...
En fait j'ai dû le faire assez souvent.
Mais un jour, j'ai voulu aller plus loin. Il faut dire que la dernière fois que j'ai mangé notre tentative, c'est moi qui suit devenu rouge. Elle ne m'avait pas raté.
J'ai donc laissé les suivants tranquilles. On les a contemplés, émus et la question est revenue: «quelle couleur»... la réponse fut cependant rapide. Noire.
Il faisait très froid en ces temps et la Rouge ne dosait pas bien les flammes.
Pour ceux d'après, elle a eu peur et a voulu les couvrir de son corps comme font les oiseaux. Le jaune brisé fut notre réponse et nous nous résolûmes à perdre encore quelques essais pour trouver le bon équilibre avec le feu.
Enfin, ils cessèrent d'être trop noirs ou trop froids et en attendant la réponse à notre question, nous nous en occupions. Enfin, Elle s'en occupait, ravivant et surveillant le feu alors que moi, je prenais soins d'Elle. Son activité était fatigante et Elle devait se nourrir abondamment, aussi je partais chasser. Là où nous vivions au début, il n'y avait pas beaucoup d'animaux satisfaisants et un soir, alors que je rentrais d'une chasse particulièrement longue, je découvris qu'Elle les avait mangés. Je ne l'ai pas attaquée, cela ne se fait pas et puis c'était signe que moi je ne ramenais pas assez de viande rouge.
Nous sommes parti un peu plus loin, là où il y a beaucoup de bêtes, et des humains aussi.
Les humains font de piètres repas. Ils sont difficiles à attraper avec leurs objets de métal et une fois enlevé tout ce qui les recouvre il ne reste pas grand chose à se mettre sous la dent.
Mais là où les humains s'installent, c'est signe d'abondance giboyeuse. En effet, je pus à cet endroit envisager sereinement ma tâche.
Je nourrissais la Rouge assez pour qu'Elle ne ressente jamais la faim. Pourtant nos tentatives suivantes ne connurent pas non plus de succès. Les premières c'était parce qu'il fallait s'habituer à notre nouveau territoire avant d'aller plus loin, bien sûr. Mais ensuite je crois bien qu'Elle faisait trainer les choses. Elle semblait nerveuse et ne laissait jamais nos essais arriver à terme. Je ne comprenais pas pourquoi elle agissait ainsi, mais je ne voulais pas l'attaquer car les mâles ne doivent pas faire cela. Alors je lui demandai un jour ce qui ne lui paraissait pas convenir.
La réponse, qu'elle me donna, difficilement d'ailleurs, était surprenante et honteuse. «Il y a des humains dans les bois, près de notre roche.»
Des humains.
Au départ je ne comprenais pas en quoi cela dérangeait. Ces créatures chétives étaient certes devenues nombreuses, mais elles n'en demeuraient pas moins petites et seulement promptes à courir vite en nous voyant.
Mais alors que la Rouge réchauffait le dernier essai en date, qu'elle finirait de toute façon par écraser dans notre refuge de pierre, je commençais doucement à voir ce qu'elle avait perçu depuis longtemps.
Ma Rouge est vive et je suis fier de l'avoir attrapée.
Le problème alors était que les humains aussi attrapent des choses... et nos forêts giboyeuses devenaient avares après leur passage. Alors que je partais de plus en plus longtemps pour des proies de plus en plus petites, la Rouge avait faim et s'était remise à manger nos espoirs.
«Quelle couleur?»
je doutais en ce temps de le savoir jamais.
Ce fut à ce moment que je me mis à lui en ramener. Ceux qui volaient nos proies étaient moins inquiétants en rouge, même si mon vert aussi était zébré de cette couleur après pareille chasse.
Cela fonctionna un temps, mais ils apprenaient vite et se cachèrent derrière les roches eux aussi. Un anneau de pierre entoura finalement leur tanière commune et ils ne sortaient plus beaucoup... sauf certains qui étaient un peu trop rapides, discrets ou agressifs pour être encore intéressants.
Mais les cerfs ne revinrent pas pour autant et la Rouge avait toujours faim. Nous avions pensé à changer encore de lieu, mais d'autres que nous que je croisai un jour durant la chasse me dirent venir de loin, et que partout il y avait des hommes depuis lors. Les choses s'annonçaient compliquées.
Il ne restait qu'une solution, évidente.
Cependant, alors que je quittai la tanière pour ce faire, la Rouge ne se montra pas encourageante. Elle avait peur. Il fallait bien reconnaître que cette fois ci, elle était sûre que notre tentative serait la bonne. Elle voulait connaître la couleur et veillait farouchement sur le feu, mais de là à désapprouver mon entreprise... Comme si je n'allais pas revenir la nourrir et la laisser les manger encore. Comme si ces choses grouillantes pouvaient m'inquiéter, moi, le grand vert que les arbres ne couvraient qu'avec peine!
Je n'étais pas vexé, il faut réserver cela aux âmes plus faibles, mais par fierté je pris la route sans me retourner vers Elle. Ses craintes injustifiées ne cessèrent cependant de bourdonner dans mon esprit tout le long du trajet. «Quelle couleur?» et si je ne la voyais pas? La Rouge voulait la réponse désormais, et si elle ne l'obtenait pas allait-elle encore m'attaquer? Allait-elle partir? Mais non, bien sûr que non, il était stupide de douter ainsi. J'eus voulu chasser ces questions superflues d'un coup d'aile, le vent étant le meilleur des remèdes contre les mauvaises pensées, mais si je volais Ils me verraient trop tôt. Non pas que j'en eus jamais eu peur, j'avais un plan et devais m'y tenir, voilà tout.
À l'orée du bois, je demeurai un instant dans l'ombre, ventre au sol afin que mon dos ne dépasse pas à travers le feuillage. Je contemplai un instant le cercle de pierre que j'allais briser.
Le plan était évident en principe. Ouvrir la roche, détruire les humains et ainsi récupérer un territoire apte à nous nourrir, Elle, moi et les couleurs que nous attendions.
Mais sous-estimer la proie n'est pas digne d'un chasseur véritable, aussi j'acceptai cette idée dérangeante qu'en pratique, cela n'aurait pas été si simple. La roche, je m'y étais déjà frotté la première fois qu'elle était apparue. Je l'avais brisée et était parti, fier de cette provocation méritée. À peine une danse complète de la lune était passée que je réitérai le jeu... et me blessai assez cruellement le dos.
Ces petites créatures apprennent vite, la pierre était deux fois plus épaisse pour contrer mon attaque.
Non, briser la pierre n'aurait pas été simple.
Je regardais le cercle rocheux, enroulé comme l'un des nôtres, assoupi et invulnérable. Il me narguait oui, de ses yeux comme des centaines de minuscules fentes et de sa bouche close, aux lèvres de bois.
Des lèvres qui ne s'ouvraient que pour avaler la fragile menace lorsqu'elle courrait s'abriter de moi.
Un sourire retroussa mes propres lèvres, c'était là le point faible de leur abri de pierre, c'était là que je frapperais!
Plus de raison d'attendre ou de penser, je me levai brusquement, propulsant les arbres les plus proches dans les airs, déployai mes ailes plus vertes que les feuilles meurtries et vidai l'air de mes poumons en un formidable rugissement embrasé. Toujours avertir la proie avant de plonger sur elle, pas de traitres ruses chez nous.
Ceux qui étaient encore dehors filèrent et l'ouverture de bois les engloutit avant de se refermer, mais peu importe. Elle ne serait pas plus difficile à briser que les troncs démembrés qui m'entouraient.
Je m'élançai, galopant pour voler à la terre la force nécessaire et en un rien de temps, je heurtai, euphorique, la surface de bois.
Des millions de fragments d'arbres morts depuis longtemps s'élevèrent dans le ciel. Pourtant, ce ne fut pas un rugissement de victoire qui les accompagna dans leur envol.
Alors que les échardes retombaient en pluie cruelle sur ceux qui n'étaient plus protégés de moi, un cri lointain retenti, emplissant tout l'espace et recouvrant la terreur futile des hommes d'une peur bien plus profonde.
La Rouge était menacée.
Elle m'appelait.
Que devais-je faire?
Abandonner mon attaque et porter secours à celle qui veille sur nos couleurs? Mais les humains s'adaptent si vite. Si je partais, ils auraient eu le temps de combler cette faille dans leur défense, d'ériger une plus solide barrière, l'armer de défenses plus agressives ou je ne savais quelle autre traitre ruse dont les petites choses sont coutumières. Si je partais à cet instant, jamais plus je n'aurais trouvé l'occasion de les éliminer, jamais plus la forêt n'aurait pu nous nourrir et nous aurions dû partir encore, tout recommencer ailleurs. Attendre encore une réponse qui tardait tant.
«Quelle couleur?»
Cette question me fit penser à Elle. Elle qui désirait alors cette réponse plus que tout. Si elle avait été en danger, un danger réel comme il en existe si peu devant les nôtres, aurait-elle accepté de fuir, d'abandonner derrière elle ce qu'elle veillait depuis tout ce temps? Un doute terrible me prit, et alors que je pensais à ma Rouge, un autre rouge se dessinait dans mon esprit, un rouge douloureux qui me chantait une solitude à venir. Atroce destin vide et noir. Impensable chose. Improbable. Avant que le second cri ne retentisse, mes pattes arrières et ma queue prirent appuis sur la face froide de la pierre levée par les hommes, et me propulsèrent en avant, haut dans les airs ou mes ailes s'ouvrir gonflées par une fraicheur bien plus familière, douce et agréablement enivrante. Le vent favorable me porta au dessus de la masse verte des arbres, ponctuée de choses minuscules qui fuyaient mon ombre. Mais pas le temps de s'y intéresser, je filais bien vite, je devais retourner auprès d'Elle.
Et je les vis.
Choses minuscules et dérisoires, toutes brillantes de la futilité du métal, ils étaient nombreux mais tellement insignifiants. Pourquoi m'avoir appelé pour... ça? Pourquoi la Rouge était-elle couchée? La roche froide était rouge aussi, le feu était éteint et le métal était rouge. Lorsque je compris, je rugis et me jetai sur eux avant même qu'ils aient eu le temps de me voir. Je projetai mon cou, mes griffes et mes crocs dans leur masse grouillante. Il fallait les écraser, les éloigner d'Elle. Mais ils étaient vif, plus que d'ordinaire et je sentis soudain la brûlure froide du métal sur mon corps. Je hurlai, de rage plus que de douleur, et balayai de la queue ceux qui avaient eu l’impertinence de m'approcher de trop près. Pris au dépourvu, ils reculèrent et j'eus le temps d'atteindre la Rouge. Elle respirait. Je soufflai sur ses naseaux pour lui montrer que j'étais là. Elle ouvrit les yeux et se redressa rapidement, tremblante de fureur plus que de fatigue.
Elle était furieuse contre eux plus que contre moi et nous réengageâmes le combat, côte à côte.
Face à nous deux réunis, les humains n'avaient aucune chance, évidemment. Je frappai et mordis avec l'énergie grisante de la victoire sûre, regardant avec délectation leur nombre et leur improbable menace décroitre. Il n'en restait vite que très peu, si bien que les derniers fuirent de concert sous le couvert des bois. J'éclatai de rire, exultant et triomphant et sentis le museau brûlant de la Rouge contre mon flanc, en signe de gratitude. Ma Rouge, celle que j'avais attrapée et que personne ne me prendrait jamais.
Alors que je me redressais pour lui paraître plus impressionnant encore, je vis la cime des arbres s'agiter légèrement. Un grincement de bois chuinta près du sol, discret mais suffisant pour déranger ma victoire.
Je me penchai de nouveau, grondant, pour voir ce qui était responsable de cette tache au tableau de mon triomphe.
Un petit groupe d'humains, incapables d'accepter leur ostensible défaite, s’approchait de nous. Mais ils progressaient lentement et péniblement au milieu des arbres courroucés. Je voyais que les racines et les branches entravaient leur marche et je compris pourquoi. Les arbres étaient en colère car ces pénibles petites créatures avaient encore abattu l'un des leurs. Le corps d'un vieux chêne se trainait là, poussé par les hommes brillant de métal. Et il avait été mutilé, écorché jusqu'à prendre la forme grotesque d'un bras géant, porté sur une armature de même essence. La main ronde de la chose était posée à même le plancher de l'édifice, à l'opposé de nous comme si la grotesque représentation voulait déjà nous fuir. Mais les humains avaient posé une lourde pierre dans la main ronde pour ne pas qu'elle s'en aille...
J'éclatai de rire à nouveau devant cette apparition misérable. La Rouge grondait. Le bras se releva alors en un éclair et tout devint noir.
Lorsque je me remémore certains épisodes de mon passé, je dois reconnaître que nous manquions singulièrement d'humilité et que cela nous joua plus d'un tour.
Il faut bien dire que lorsqu'on nait avec des écailles plus rouges que le soleil lui même, la modestie ne s'impose pas facilement comme trait de caractère. Mais Lui, vert comme les arbres si petits, comme l'herbe paisible et la mousse si douce, Lui peut-être aurait dû cultiver un tempérament moins ardent?
Assez! Je ne dois plus reporter la faute sur lui, cela ne se fait pas. Par le passé je lui en ai voulu et l'ai mordu pour diverses choses, et c'est sans doute cela qui l'avait poussé à combattre toujours plus violemment les humains. Par le passé, ce fut avant tout nos conflits avec ces êtres qui faisait notre mauvaise fortune. Le jour où ils ont appris à nous attaquer, j'ai bien cru perdre le Vert. La pierre que la machine avait lancée l'avait endormi et si cela m'avait donné assez de rage pour chasser les derniers je ne savais pas comment le réveiller ensuite. J'étais terrifiée et accablée de chagrin. Le Vert dormait et l'essai que j’espérai tant voir aboutir était brisé, répandant un fluide rouge sur le sol de pierre. Je ne savais pas quoi faire et était restée là, couchée à côté de mes espoirs figés.
Et puis Il est venu.
Le magicien a soigné le Vert. Il a refermé mes plaies. Mais pour l'essai, il était trop tard. Ce jour là j'avais perdu beaucoup, mais pas tant que le Vert car en le sauvant, le magicien lui prit sa liberté. Qui arrache un dragon à la mort le lie à son âme.
Mon Vert me répète souvent que j'ai tort de me plaindre. Sans le sorcier nous n'aurions plus rien, ne serions plus rien aujourd'hui. Aussi, même si nous avons maintenant bien plus de force qu'en ces temps sinistres, nous qui dominons de si haut la cime des arbres, nous qui contrôlons tant de villages humains où nous recevons or et victuailles, nous avons fait vœux de respecter cet homme.
En tout cas, pour ma part, je laisse le Vert lui venir en aide lorsqu'il le demande, et consent à ne pas croquer le sorcier lorsque je le croise. Et croyez moi, c'est déjà beaucoup. Surtout qu'en ce moment, la faim me dévore et si je m'écoutais je mangerai même le Vert! Mais je ne ferai pas une chose aussi stupide. Il est revenu pour moi il y a maintenant si longtemps, il mérite bien de connaître enfin la réponse, celle que nous avions remise à beaucoup plus tard après notre douloureux échec.
Nous sommes tous les deux dans notre nouvelle grotte. Le feu ronronne doucement et depuis tout à l'heure, nous ne le quittons pas des yeux. Notre dernier essai, niché à l'intérieur des flammes, à bougé ce matin. Je l'ai vu. J'ai demandé au Vert de ne plus sortir et depuis nous attendons. Le soleil au dehors se couche comme au soir de notre rencontre, mais nous ne le regardons pas. Il s'éteint tristement alors que là, dans le feu, une fissure zèbre doucement la surface de l’œuf, promesse de vie et de lumière...
«Quelle couleur?»
Dernière modification par Meiroh (08-12-2011 01:22:04)
Hors ligne
medusa


Texte 4
Auteur : petite
La douce voix d’Izéria, lui fit lever la tête :
" Mon tendre, ne te torture donc pas tant ".
Il ne répondit rien, mais sa main, très doucement, caressa le ventre arrondie de sa compagne. Et pourtant si, il se torturait, le cœur, le corps et l’âme. Partir faire la guerre, cette guerre qui l’éloignerait de ses deux amours. Izéria sa douce et tendre et se fils (car se serait un fils bien sur) qui naitrait dans quelque mois.
Les mots lâche , couard , tournoyaient dans sa tête , alors même , que pendant ce temps, une énorme boule d'amour , gonflait son cœur pour se fils " Son fils " , ce petit , "Son petit " à naitre , donc il voyait l'ombre à travers ces cils , déformer le ventre de sa mie .
Combien avant lui, combien après lui, devrait eux aussi ce battre avec ce dilemme : " L'amour ou la guerre " la paix du cœur et du corps ou la paix de son pays, mit dans cette balance infernale, qui depuis toujours fait dire aux autres :
" C’étais un lâche qui a préféré les jupes de sa femme, à son honneur."
Il y tenait a son honneur bien sur , comme tout Homme , digne de ce nom , mais bon sang , que que ce même Homme , aimait tout autant , la douceur des jupes de sa femme, si douces , si accueillantes, à son cœur , à son corps , pourtant rompu de fatigue le soir, ce " repos du guerrier " si mal nommer .
Car hélas, combien de ces valeureux guerriers, avaient le bonheur, de gouter à ce si doux repos.
La sarabande des mots lui martelait la tête et le cœur , le laissant pantelant , comme assoné, et pourtant en ce beau dimanche de printemps , tout au plaisir du repos , du bon repas , et de la douceur de sa compagne , ce n’étais pas le dur labeur qui étais en cause .
La douce chevelure brune et odorante qu'il aimait tant caresser son visage, son épaule :
" Mon aimer, que pensera ton fils, s'il entend, plus tard, nos voisins, nos amis, dirent de toi ; ton père, ce lâche n'est plus de nos amis, moi j'ai combattu pour mon pays, et lui c'est terré chez lui, soit disant pour être présent à ta naissance Peuh..." d'un air dégoutté.
La douce voix apaisante continuer :
" Vas, ton fils sera toujours fier de toi et je serais toujours fier de toi. Nous seront simplement deux à attendre ton retour. L’Amour ne s'en va pas parce que l'un de nous n'est pas là ; l'Amour nous accompagne, ou que nous soyons, il est avec nous, en nous , il fait partit de nous " .
C’étais donc si simple que cela !!
Un éclair traversa mon esprit, avec tout son Amour, ma douce ma tendre, mon aimée, venait de faire de moi un Homme.
Oui je vais faire la guerre, oui je vais partir, mais avec tellement d'amour dans mon cœur, et tellement d'amour attendant mon retour, que je suis l'homme le plus aimé en ce bas monde.
Dieu que je plains ceux, qui n'ont pas de choix à faire, ils ne connaissent pas l’amour, seulement la guerre.
Dernière modification par Meiroh (08-12-2011 01:22:27)
Hors ligne
medusa


Texte 5
Auteur : Linlyss
Éviter les coups. Courir. Frapper. Éviter les coups. Blesser. Tuer. Éviter les coups. Surtout éviter les coups.
Cette litanie résonnait dans la tête de la jeune femme comme l'aurait fait le refrain d'une chanson entraînante. Elle eut un sourire désabusé en songeant que cette douce rengaine serait probablement la dernière qu'elle aurait l'occasion de fredonner. Elle qui voulait tant chanter des berceuses à son fils... Elle reporta son attention sur la bataille autour d'elle. Cela aurait été stupide de se faire tuer à causes de pensées parasites. Elle s'en félicita en voyant un soldat se ruer vers elle. Elle n'était pas inquiète : il avait beau être plus grand et plus musclé, elle était une elfe. Sa vivacité et ses réflexes le surpassaient et leur force était quasiment équivalente. Elle bloqua avec difficulté l'épée de son adversaire. Elle se surestimait peut-être un peu en fait ! Elle fronça les sourcils, étudiant son vis-à-vis. Ses déplacements étaient lents et lourds. Elle n'aurait aucun mal à l'éliminer en le prenant de vitesse. Elle se fendit, visant sa hanche et dans un geste d'une célérité fulgurante, changea sa lame de main et l'enfonça dans le torse de son ennemi. Celui-ci s'effondra, rendant son dernier soupir. La jeune elfe fixa le corps sans vie, ne ressentant pas la moindre émotion. La guerre... Il fallait bien reconnaître qu'elle l'avait dans le sang. Elle avait pourtant longtemps lutté contre sa nature. Alors que les combats faisaient rage autour d'elle, les souvenirs la submergèrent.
Elle doit avoir huit ans. Peut-être moins. Elle observe l'échange entre ses parents. Son père se tient très droit et sa mère arbore une expression digne. Quelque chose d'important est en train de se passer, elle le sent. Ils se rendent compte de sa présence. Alors que les deux adultes échangent un long regard, un fait très inhabituel se produit. L'homme embrasse tendrement sa femme. Quand ils relâchent leur étreinte, l'enfant remarque leurs yeux brillants. La panique s'infiltre insidieusement dans ces veines. Jamais ses parents ne se laissent aller à de tels débordements en sa présence. Son père s'avance vers elle, s'agenouille pour être à sa hauteur et murmure :
« Níniel, ma fille... Je dois partir. Nous les elfes-guerriers avons des devoirs. Se battre pour notre patrie en est un, tu comprends ? Et dans quelques années, tu devras toi aussi faire ce choix. Car tu es une elfe-guerrier, comme moi.»
La fillette se contente de planter ses grands yeux verts dans ceux de son père sans dire un mot. Il se relève en soupirant, embrasse sa fille sur le front, son épouse sur la joue et avec un dernier regard pour les deux femmes de sa vie, quitte le domicile familial. Níniel ne sait pas encore que c'est la dernière fois qu'elle le voit. Ce qu'elle sait par contre immédiatement en voyant les larmes dans les yeux de sa mère, c'est que son père se trompe. La guerre, ce n'est pas pour elle. Jamais elle ne fera souffrir sa famille.
Et pourtant elle était là, sur ce champ de bataille dont l'odeur âcre lui soulevait l'estomac, l'épée souillée par le sang de ses adversaires. Beaucoup d'évènements s'étaient produits depuis le départ du chef de famille.
La mère de la jeune elfe avait commencé à s'enfermer dans un mutisme duquel elle n'était plus sortie après l'annonce du décès de son époux. Níniel avait alors pris sa décision. Elle avait conclu en observant l'état de santé de sa mère se détériorer que l'amour rendait faible et ne conduisait à rien d'autre qu'au malheur. Elle suivrait donc les traces de son père, deviendrait elfe-guerrier mais ne referait pas la même erreur que lui : jamais elle ne fonderait de famille. Pas d'attaches, pas de contraintes, juste elle. Elle avait donc suivi sa formation et était devenue à force de travail et d'acharnement une elfe-guerrier confirmée. Puis les choses s'étaient compliquées. La théorie est toujours plus simple que la pratique. Elle avait rencontré Vanyar qui était instantanément tombé sous son charme. L'archer lui avait fait une cour assidue durant de longs mois. Si au début Níniel s'était jurée de ne pas céder, elle avait fini par succomber au romantisme de son prétendant. Leur idylle était merveilleuse, magique. L'amour était entré dans la vie de la jeune femme qui savourait chaque nouvelle émotion que lui apportait son amant. Mais cela ne pouvait durer. L'elfe était tombée enceinte et prise de panique, avait abandonné le père de son futur enfant. Elle qui s'était jurée de ne jamais fonder de famille !
La bataille touchait à sa fin et Níniel constata avec soulagement qu'elle n'avait subi aucune blessure importante. Ils avaient gagné. Alors qu'elle rengainait son épée, un coup s'abattit sur le sommet de son crâne. Elle s'effondra et son assaillant en profita pour la marteler de coups de pieds. L'elfe ne pouvait rien faire pour se défendre. Son inattention allait finalement lui coûter la vie. Elle se prépara au coup fatal mais il ne vint pas. Un de ses compagnons l'avait vue en mauvaise posture et venait de la sauver en tranchant la tête de l'homme. Choquée, Níniel observa son ennemi. Sûrement un soldat désespéré qui voulait faire une dernière victime afin de mourir honorablement. L'elfe remercia son compatriote du bout des lèvres et regagna leur campement, l'esprit complètement ailleurs. Elle entra dans sa tente et entreprit de se déshabiller pour faire l'inventaire de ses blessures. Alors qu'elle se regardait, nue devant son miroir, elle pensa à son fils. Son fils qui ressemblerait tant à son père dans quelques années, avec ses boucles blondes et ses yeux bleus étincelants. Son fils qu'elle aimait déjà plus que tout. Son fils à qui elle pourrait chanter de vraies chansons, pas ces stupides litanies guerrières.
Son fils qu'elle ne connaîtrait jamais.
Ses yeux se posèrent sur son ventre rempli d'hématomes, sur le sang qui s'écoulait le long de ses jambes. Elle avait fait son choix, l'Amour n'avait définitivement pas sa place dans sa vie. Et pour la première fois depuis des années, elle pleura.
Dernière modification par Meiroh (08-12-2011 01:23:10)
Hors ligne
medusa


Texte 6
Auteur : Isandre
« Le monde change. Durant des millénaires, nous avons partagé la terre et les ressources, composant avec leurs machines et l’industrialisation. « Ils » ont produit et se sont développés, demandant toujours plus d’espace et empiétant sur le nôtre.
Aujourd’hui, la technologie écrase la nature et, dans ce monde, nous n’avons plus notre place. Nous avons pourtant négocié, cherchant un compromis qui conviendrait à nos deux mondes. Mais il fallu se rendre à l’évidence, leur soif de pouvoir et de contrôle n’aurait pas de fin. Partager ne leur a pas suffit, ils voulaient nous exterminer, nous annihiler. Depuis quelques années, ils tuent nos alter-egos, jugés trop dangereux, trop envahissants et incontrôlables. C’est le règne de ceux que nous nommons « La Toile ». C’est la fin de l’Age des Dragons.
Nous sommes entrés en guerre, opposant à leur suprématie logistique notre connaissance du terrain. Nous nous sommes organisés et hiérarchisés. »
Ashell est belle et racée. Ses yeux vous retiennent et ses formes vous hantent. Son intelligence et l’entrainement martial qu’elle a suivi toute sa vie font d’elle un adversaire redoutable. Elle obtient ce qu’elle veut des autres, d’une manière ou d’une autre. Ces spécificités l’ont désignée naturellement aux renseignements.
Ce jour là, lorsqu’elle arrive au camp, elle apprend que Smet ordonne qu’elle se présente à lui dès son retour. Elle sait alors qu’elle devra partir en mission, ce qui ne la met pas dans les meilleures dispositions. Lorsqu’elle arrive au QG de mauvaise grâce, elle ignore ceux qui lui adressent la parole et entre sans frapper dans le bureau de Smet :
- Bonjour Ashell.
Elle répond d’un hochement de tête.
- Je vois... Je vais donc faire court.
- Oui. J’aimerais autant.
- Nous devons rallier Illmack, il possède toujours son Dragon.
- Et pour cause…
- Jusque là, il est resté neutre !
- Jusque là, il a ménagé les deux mondes.
- Peu importe, il faut que nous le convainquions.
- S’il doit choisir, il rejoindra le camp qui lui permet de conserver Gondrakh en vie. Tu sais que nous ne pouvons surtout pas lui offrir ce genre de garantie. La Toile le peut. Comment crois-tu qu’il soit passé au travers des mailles du filet ?
- Illmack connaîtrait-il un endroit oublié de tous ?
- Et leurs radars ne l’auraient pas découvert ?
- As-tu pensé que cet endroit pouvait être un lieu inaccessible ?
- Quoi, Gondrakh vole t‘il dans le temps ?
- Pourquoi pas ? En tous cas, ils ont un secret. Nous allons les rencontrer et tu sauras le découvrir. Nous partons dans deux jours, à l’aube.
L’ordre est sans appel. Furieuse, Ashell part en claquant la porte.
Nul ne sut où elle partit. Elle s’enfonça seule dans la forêt et chacun sait qu’il est inutile de la suivre, elle sait brouiller les pistes et disparaître. Pourtant, à l’aube du surlendemain, Ashell se présente à Smet, muette mais déterminée à accomplir sa mission.
Le chemin est long jusqu’au repère d’Illmack mais, heureusement, à couvert. Deux jours dans la forêt profonde où Ashell est née, quatre dans la montagne qu’elle connait parfaitement. Si Smet est un chef incontesté et un guerrier au courage légendaire, il est d’une compagnie dont elle préfère se passer. Elle avance donc, avec pour seul objectif d’arriver au plus vite, se contentant d’être attentive à ce qu’il puisse suivre.
Lorsqu’ils parviennent au lieu de rendez-vous, ils sont attendus. Illmack la regarde en connaisseur et Gondrakh la sonde. Elle salue de la tête le premier, s’ouvre au second et établit avec lui un contact télépathique :
- Salutations, Gondrakh. Ta magnificence n’est pas une légende.
- Nous nous connaissons, Ashell. Ne te souviens-tu de moi ?
- Si, bien sûr. Mais tu étais loin d’être ce que tu es devenu.
- Ne l’ai-je pas mérité ?
- Toi seul le sais, Gondrakh. En ton âme et conscience.
De leur côté, les deux hommes se saluent et échangent des politesses. Smet n’accorde pas même un regard à Gondrakh, ce qui contrarie le Dragon qui se tourne résolument vers Ashell, s’en rapproche et poursuit :
- Ta Mhinwah m’a affronté. Et vaincu lors de notre dernier combat.
- Mhinwah ne te fera plus aucun mal. Mhinwah n’est plus.
- J’entends ta souffrance, Ashell. Une autre sœur de perdue. Recueillons-nous.
Gondrakh avance d’un pas et se colle à elle. Puis il l’entoure de ses ailes immenses et pose délicatement son énorme tête contre celle d’Ashell. L’un contre l’autre, ils entonnent dans un murmure douloureux le chant rituel du deuil.
- Bien !, dit Illmack, Smet, allons discuter de ce qui vous amène et laissons-les, ils nous rejoindront plus tard.
Smet ne prête aucune attention à sa proposition, il est médusé par l’intimité immédiate qu’Ashell a su créer avec le Dragon. « Cette fille a vraiment un don ! » Pourtant, il regarde la scène, indifférent à leur chagrin, et attend résolument qu’Ashell entre à l’intérieur avec eux.
Illmack reprend d’une voix sévère :
- Smet, ne respectez-vous donc rien ?
- Nous sommes en guerre et les pleurs fléchissent nos déterminations.
- Vous vous êtes égaré, Smet. Il faut accompagner les défunts et partager nos peines. Ne voyez-vous pas qu’Ashell en a besoin ? Qui, mieux que Gondrakh peut la comprendre ? Ce monde n’est plus le notre mais ils en ont gardé l’essence.
Smet lance furtivement un regard mauvais à Ashell. Ce qu’il comprend, c’est qu’elle a si bien manœuvré qu’elle a obtenu les faveurs de leurs hôtes. Elle n’a nullement l’intention de l’aider selon ses plans, elle mène la danse à sa façon. Elle l’a une nouvelle fois défié et désobéit ouvertement à ses ordres.
La colère et la frustration qui le gagnent n’échappent pas à Illmack qui continue d’un ton ferme :
- Allons, Smet, vous aviez une raison sérieuse de venir me parler. Laissons-la avec Gondrakh. Si j’apprécie de la revoir, j’aurais préféré que ce soit en d’autres circonstances et certainement pas sous votre tutelle. Nous comprenons-nous ?
Smet chancelle sous le coup du reproche. Il ne s’attendait pas à ce qu’Illmack le déstabilise. « Une personnalité complexe et avisée, il faudra être prudent. » Il répond d’une voix cassante :
- Puisque vous êtes direct, je vais l’être aussi. Je suis venu vous demander de rejoindre nos forces. Vous êtes dragonnier, bon sang ! Nous avons besoin de vous, Illmack. Cette guerre est aussi la vôtre !
Illmack sourcille mais garde le silence et l’enjoint à continuer.
- La Toile extermine nos Dragons et nous réduit en esclavage. Mais vous restez à l’écart. Cela vous est-il égal ? Gondrakh est le plus puissant des Dragons encore en vie, il a visiblement de la peine pour ses frères disparus. Lui avez-vous demandé ce qu’il pense de tout cela ?
- Doucement, Smet, ne me faites pas la leçon quand vous venez me demander de l’aide. Et, puisque vous donnez le ton et me rappelez ma fonction, nous allons en discuter. Oui, entre dragonniers.
Ashell et Gondrakh pleurent Mhinwah. Ils mêlent leurs cœurs un moment et apprennent ainsi l’un de l’autre.
- Tu n’aurais pas dû risquer ta vie pour récupérer sa dépouille, Ashell.
- Il fallait que je le fasse, elle a toujours espéré partir par le feu.
- Tu ne devrais pas garder ses cendres avec toi. Elles doivent retourner à notre Terre-Mère.
- Je ne peux supporter d’être séparée d’elle…
- Mais en la gardant dans cette dimension, elle ne pourra veiller sur toi depuis l’autre.
- Je n’ai pas envie qu’elle veille sur moi, mon seul désir est de la venger puis d’aller la rejoindre.
- Le Cycle de la Vie n’entend rien de ce que veux.
- Je n’aurais pas dû la laisser seule. J’aurais combattu à ses côtes. Ensemble, nous étions fortes.
- Que pouvais-tu faire d’autre ?
- Faire comme Illmack, veiller sur elle comme il veille sur toi.
- C’est au Dragon de protéger le dragonnier.
- Mhinwah ignorait-elle ce que tu sais ?
- Pas si vite, petite, tu es bien curieuse.
- Peut-être. Et puis ça m’est égal. Il est désormais trop tard pour nous deux.
- Mais tu penses aux autres.
- Oui. Comment comprendre que les uns meurent quand d’autres survivent ?
- Si tu veux apprendre de moi, il va d’abord falloir payer de ta personne. Je veux prendre un bain.
A l’intérieur, les deux hommes se jaugent. Il fut un temps où ils étaient rivaux en arène et, s’ils se respectent, la défiance reste de mise : on a certains réflexes et on n’oublie jamais les blessures de son Dragon. Mais ce temps n’est plus et le peu de survivants qu’il reste se terrent, tentant d’échapper aux armes meurtrières de la Toile.
- Smet, je suis attristé que vous ayez perdu Arkhemh.
- Arkhemh n’est pas mort en vain. Il a sauvé bon nombre d’entre nous.
- Ce que devrait faire Gondrakh, selon vous.
- Oui. Mais je ne suis pas venu vous faire état de mon chagrin et de ma rancœur.
- Je sais. Vous voulez connaître notre secret afin d’échapper à la Toile.
- Est-ce parce que j’ai perdu mon Dragon que je ne devrais plus m’inquiéter de ceux des autres ?
- Non, bien sûr que non.
- Et vous, n’avez-vous pas envie de sauver ce qu’il reste de notre monde ? Gondrakh n’a-t’il pas de descendance qu’il veut voir échapper au massacre ?
- Il suffit ! Sachez que je ne parle jamais pour lui.
- Ne dois-je pas tout tenter pour vous faire entendre raison ? Vous rappelez-vous à quel monde vous appartenez vous aussi ? Vous rappelez-vous le serment sacré que vous avez prêté : Honneur, courage et entraide ?
- Je n’ai rien oublié. Non, rien. Mais ces mots, ces convictions, appartiennent à une autre époque.
- C’est votre réponse ?
- Non. Gondrakh et moi en déciderons.
Gondrakh entraine Ashell dans sa caverne et plonge dans le lac souterrain y attenant. Lorsqu’il entre dans l’eau, elle ne peut s’empêcher de l’observer. Son large torse fend l’onde comme l’étrave d’un navire et il semble que rien ne puisse l’arrêter ou même le ralentir. Une vraie force de la nature. Elle réalise de nouveau que les Dragons sont l’équilibre parfait entre la puissance et l’intelligence, ils tendent vers la perfection.
- Tu me trouves beau ?
- Qui n’admire pas les Dragons ?
- J’attendais une réponse plus personnelle.
- Tu es le plus grand et le plus beau Dragon vivant encore sur cette terre.
- Mh. Prépare les brosses, j’entends que tu t’occupes de moi.
- Oui, Seigneur ! Tu ordonnes et j’obéis, répond-elle en riant.
Lorsqu’il sort de l’eau, elle le brosse énergiquement, lustrant ses écailles avec savoir-faire. Puis elle inspecte minutieusement ses ailes et ses pattes, leur apportant les soins nécessaires.
- Bien ! C’est plus que j’en espérais ! Si nous parlions de ce que tu es venue chercher maintenant ?
Ashell s’assied, enserre ses jambes de ses bras et ne dit rien. Pour la première fois de sa vie, elle est troublée et ne sait comment aborder les choses. Alors qu’elle réfléchit et que Gondrakh attend patiemment à ses côtés, ses membres s’engourdissent, sa tête bourdonne et ses yeux se ferment. Finalement, elle s’allonge sur le sable et le Dragon vient se coucher à ses côtés, collant son flanc lisse contre elle. Elle s’endort un instant et rêve aux jours heureux. Au bout d’un moment, tout au fond d’elle, sa voix intérieure lui crie que cette somnolence n’est pas naturelle. « Magie ! » De toute son énergie, elle bloque le sort et, furieuse, se relève vivement et foudroie des yeux le Dragon.
- Que ?
Il l’interrompt :
- Tu n’es pas ce que tu prétends être.
- Tu ne l’es pas non plus.
- A chacun ses cachoteries. Je te propose un échange : ton secret contre le mien.
- Une question n’aurait pas suffit ?
- Tu maîtrises le mensonge. Même avec moi, ce qui me trouble profondément.
- Rien n’échappe jamais aux Dragons.
Il réfléchit un instant :
- Excepté un autre Dragon ?
- Il semblerait, Gondrakh, il semblerait.
- Mhinwah ! Tu as appris à te transmuter !
- C’est un sort ancien, Gondrakh. Autrefois, tous les Dragons matures en avaient l’usage.
La silhouette d’Ashell devient floue et s’étire à en devenir gigantesque, laissant apparaître un Dragon à l’apogée de son art. A nouveau, l’air crépite de magie et, à la place de Gondrakh, apparaît un homme dans la force de l’âge. Ils se regardent un moment, émerveillés l’un de l’autre, heureux de partager encore, soulagés aussi de ne plus se cacher.
C’est Gondrakh qui rompt cet instant :
- Et Ashell ?
- Elle est…morte. D’une certaine façon, je ne t’ai pas menti.
- Qui d’autre connait ton secret?
- Personne ! J’ai pris sa place et continue sa lutte. Notre survie était son seul objectif !
- Et tu es venue me demander de l’aide. Tu as besoin de moi.
- Oui, Gondrakh, désespérément. Nos escadrilles ont besoin d’un chef.
- Je suis rompu à l’art de la guerre, en effet. Puissant et respectable aussi. Mais c’est grâce à mon artifice que je suis resté en vie.
- A quoi cela servira t’il quand il ne reste plus que toi ?
- Tu marques un point. La vie n’a aucun sens si l’on doit la vivre seul.
Dans le souterrain qui mène à la caverne, les voix d’Illmack et de Smet résonnent. Instantanément, chacun des deux Dragons reprennent leur apparence initiale.
- Etes-vous parvenus à une entente ? demande Illmack sans attendre.
- Sans doute meilleure que la vôtre, raille Gondrakh.
- Il se bat !, répond Ashell.
- Elle ordonne et j’obéis, plaisante Gondrakh. Mais elle m’épouse !
Dernière modification par Meiroh (08-12-2011 01:23:40)
Hors ligne
medusa


Texte 7
Auteur : aildargent
Altus fixait le ciel étoilé, qui lui murmurait le futur par ses constellations. Altus est un jeune coualt, une espèce de serpent céleste, des créatures ailées, crachant feu et foudre. Ils n'ont qu'une seule loi : vivre simplement sur leurs terres, et ne jamais prendre part aux histoires du reste du monde, car leur amour pour leur vie les empêche simplement de risquer de la perdre à jamais... Mais cette nuit là, ce que vit Altus était un présage si terrible qu'il ne pouvait l'ignorer ! La constellation d'Obscurissa, déesse du mal, cachait celle d'Aéva, Dame de la Paix. " Nous ne t'avions pas vu durant des milliers d'années, pourquoi reviens-tu si brusquement Obscurissa ? " Questionna Altus. Le Lendemain, Tonnerre, le chef du clan d'Altus avait lui aussi eu vent de la nouvelle. Il réunit les coualts de son clan. " Mes bien chères frères, et mes bien chères soeurs... Cela faisait fort longtemps que nous n'avions pas entendu son nom... Mais Obscurissa, Déesse du mal, est de retour pour mettre nos terres à feu et à sang ! Nous n'avons qu'un choix à faire : L'amour de nos terre, qui nous forcerait à rester, ou bien la guerre, pour la protéger...
_Si nous restons ici, la déesse va nous attaquer par surprise, nous ne pouvons rester là, sans rien faire ! - cria un coualt.
_Il a raison ! - renchérit un autre.
_Nous avions le choix, et nous avons choisis, ce sera la guerre ! Nous partirons dans trois heures." Et il disparut. Altus, lui, savait que bien des leurs seraient tués... Il regarda sa compagne, Ciela. " Nous nous ferons sûrement tuer ! Mais c'est pour le bien des prochaines générations !
_Je sais " Altus fixa une dernière fois le ciel. Adieu, Terre Natale... C'est pour toi que je pars, et c'est pour toi que nombre d'entre nous ne reviendront pas ! Murmura t'il.
Trois heures plus tard, une nuée de serpents ailés traverça le ciel, vers le champ de bataille, ou la déesse massacrait les hommes, elfes et nain qui y avaient pris part. Les coualts piquèrent vers le sol, et lancèrent éclairs et flammes sur leurs ennemis ! Altus et Ciela était un duo parfait, l'un crachant des éclairs incroyables, l'autre brûlant tout sur son passage... Mais il fallu que leurs destins s'en mêle ! La déesse lança un sortilège de pétrification sur Ciela, qui alla s'écraser quelques mètres plus loin, et se briser. Le fureur d'Altus était telle qu'il ne sentait plus aucune douleur ! Il ne voulait plus que deux choses : mourir, et venger sa compagne. Il atterrit devant Obscurissa, et lança un terrible éclair, au moment même ou cette dernière le toucha avec son sort de pétrification ! Et voici ce qui était advenu : le sort avait figer Altus, et l'éclair qu'il avait lancer, mais ce dernier avait eu le temps de toucher le déesse, qui fut figé par son propre sort... Aujourd'hui encore, Altus n'est plus qu'une légende, la Légende du Coualt, qui choisi de mourir en sauvant des millier de vies, par amour pour ceux qu'il a perdu au cour d'une guerre...
Dernière modification par Meiroh (08-12-2011 01:24:00)
Hors ligne
medusa


Texte 8
Auteur : Kululumpia
Accoudé sur les pierres grisâtres des remparts, le jeune guerrier observait, stoïque, les lueurs dansantes au loin. La nuit était tombée depuis quelques heures déjà. La lune absente offrait un ciel de jais, embrassant les montagnes parés de leur armure blanche. Au pied de la gigantesque colline, une véritable légion de brasiers, menait un ballet endiablé. Certains cliquetis métalliques résonnaient jusque sur les roches des hautes murailles de la citadelle. La fête battait son plein, attendant patiemment le bouquet final.
Tranquillement, il sortit son cimeterre de son dos, posant le plat de la lame sur le rebord du rempart. S'emparant d'un fusil, négligemment oublié non loin, il aiguisa plus qu'il ne le fallait son doux sabre. Arquant un sourcil, il se retourna prestement, menaçant de la pointe la gorge de sa belle. Sa respiration l'avait trahie et il s'en était fallu de peu pour que ce soit ses dernières inspirations. Informé de son identité et abaissant doucement l'arme, le combattant radoucit son visage empreint d’inquiétude et d'impatience.
-La nuit est calme mais tu sembles pourtant bien agité...
-L'empire a envoyé des légions entières sur Jersen. Une cité contre un continent et chaque soldat est ici à sa place prêt à croiser le fer. A un contre mille, crois-tu que la quiétude est raisonnable Assendra ?
-Ce que je crois c'est que la folie s'est emparée de chacun de nous... Partons d'ici, guren. Quel avenir avons-nous ici ?
-Ton effroi est compréhensible, mais tu connais déjà ma réponse. Nul guerrier n'a de paix, sans assurer une bonne guerre. C'est la tourmente et l'opprobre qui m'attendent en cas de désertion.
-Et moi ? Et nous... Toute cette violence t'importe plus que ceux que tu aimes ?
Un hurlement rauque et strident à la fois retentit, ébranlant la sérénité au sommet de l'imposant bastion. Les regards se tournèrent vers le bal des incendies continuant leur valse dévastatrice. Doucement, le silence s'installa de nouveau, rendant plus émotifs encore chaque regard. Les yeux remplis d'un fantastique brasier, ardent de tout dévorer sur son passage, de n'en laisser que cendres et amas de poussière, la jeune femme brûlait pour son beau guerrier. La vision obscurcie par l'adrénaline, littéralement assombrie par le courroux et le mépris, il regardait la douce Assendra et rendait ce sombre visage de barbare avide de sang, moins amer. Ses mains passant derrière sa propre nuque, il en défit un pendentif raccroché à une chaînette en argent.
-Il t'aidera à te souvenir, et au pire, à ne pas oublier. Si je le fais, ce n'est pas pour moi.
Joignant ses mains derrière le cou de son élue, il referma l'attache en prenant soin de ne pas accrocher sa chevelure ondulante. Le saphir scintillant au pommeau de l'épée, la lame venait se glisser juste au milieu de la poitrine à moitié dénudée de la ravissante elfe. Empoignant le pendentif, des larmes fustigeaient les joues de la belle qui venait de se jeter au cou de son aimé, essayant tant bien que mal de le convaincre, sa mélodieuse voix étranglée par les sanglots.
-Ne pars pas... Ne nous laisse pas... Où bien je prendrais les armes moi aussi...
-Trêve d'ineptie... Ta place n'est pas sur un engin de guerre, ni sur une plaine ensanglantée.
-Où est-elle dans ce cas ? Dans une salle commune attendant avec les autres femmes, l'annonce d'un autre mort ? Je ne te laisse pas le choix...
Un profond soupir se fit entendre, marquant la fin de toute discussion sensée. Tournant les talons, le soldat posa ses mains sur les remparts, bras tendu, plissant les yeux pour mieux examiner les festivités qui se déroulaient en contrebas. Dans un élan de passion sincère et spontané, elle enlaça, derechef, le mâle en armure, serrant sa poitrine au niveau du bassin de son âme-sœur. Plaçant ses mains menus sur le ventre de l'homme, elle serrait, étreignait à n'en plus pouvoir, le métal commençant à cisailler ses gracieuses mains.
Aussitôt le fluide vitale se répandant sur la cuirasse, il se défit de son étreinte, pour à son tour la prendre dans ses bras puissants, la faisant ainsi décoller du sol.
Les embrassades se continuant dans leurs appartements privés, la bien-aimée céda à la fatigue, satisfaite, comblée et apaisée, tous ses maux s'étant dissipés dans les bras de son époux, relayés par ceux de Morphée.
Avant même que ne point l'aube, une brise légère vint fouetter les joues du sabreur aguerri. Dégainant son sabre, harnachant sa fidèle monture, il contemplait dans le même temps, le gala embrasé qui s'était rapproché. On pouvait distinguer chaque convive et le bouquet final n'était plus très loin. Il n'avait pas perdu une seule seconde et avait veillé le reste de la soirée, planifiant et peaufinant sa stratégie.
Pied à l'étrier, il prit place sur sa monture de prédilection, se positionnant bien à la base de son cou. Les ailes déployées, le reptile volant s'envola dans un cri grave et perçant à la fois, suivi par des centaines d'autres. Un véritable escadron de dragons allait assaillir le nuage grandiose qui se tenait devant eux.
En bas, des centaines de fantassins comparables à des fourmis bataillaient, éviscérant, tranchant, sectionnant, arrachant tout ce qu'ils pouvaient de leurs ennemis.
A la tête de la colonnes de bêtes à écailles, le guerrier leva son sabre.
-N'ayez crainte de mourir. Si nous guerroyons férocement aujourd'hui, c'est pour assurer la paix et la sérénité de nos enfants demain. Liberté à Jersen !
Un formidable écho de la dernière phrase retentit dans toute l'escouade aérienne avant de s'abattre, lourdement, sur les reptiles volants hostiles. C'était une véritable nuée, dans laquelle ils se plongeait, casque le premier. Ils étaient dix fois moins nombreux, mais incommensurablement plus acharnés et motivés. L'honneur, la liberté, mais plus que tout, ce qui leur était le plus cher étaient la source d'une combativité hors du commun. Leur volonté inébranlable était encore plus meurtrière que la plus aiguisée des lames ou le plus lourd et contondant des marteaux de guerre.
Un jour durant, la bataille fit rage. Une journée rouge où le sang pleuvait et les morts tombaient du ciel. Un jour qui marqua en bien des choses, la fin d'un monde pour beaucoup...
Quatre ans se sont écoulés depuis la défaite de l'Empire. La bataille fut sans merci, mais aujourd'hui l'Empire est une fois de plus aux portes de Jersen. Le calme précédent une fois de plus la tempête, la placidité du crépuscule fut saccagée par des cris.
-Viens d'abord !
-J'arrive, j'arrive, ne sois pas si pressé !
-Si après tu vas devoir partir. Viens vite !
Le petit garçon déambula à toute vitesse jusqu'à arriver dans un petit jardin calme, où même le vent n'osait plus respirer. Le temps semblait figé, la vie même se retenait d'exister. Une armure arriva juste à la suite du jeune enfant qui s'arrêta net, devant une roche polie.
-Si je te confie quelque chose, tu en prendras soin Mëwen ?
-Jusqu'à la mort !
Soulevant légèrement le casque, les mains défirent à nouveau le fermoir du pendentif, pour le passer autour du cou du jeune elfe.
-Dis maman ! Pourquoi il est parti... ? Il aimait la guerre plus que nous ?
-Non guren, Il a fait la guerre parce qu'il nous aimait plus qu'elle... Garde ceci pour honorer sa mémoire. Il aurait été fier de toi...
Un foyer naissant dans les yeux, le petit garçon, fier et retenant toutes les larmes de son corps, contemplait avec orgueil la roche polie.
Ici repose Zalewan, époux de Assendra, père de Mëwen II, Prince de Jersen.
Dernière modification par Meiroh (08-12-2011 01:24:20)
Hors ligne
medusa


Texte 9
Auteur : Pymaga
L'amour ou la guerre : il faut choisir
« Écoute Ankara... Je sais ce que tu ressens pour moi... Je le lis... dans tes yeux... chaque fois que je te vois...
-Ekar... Ekar ! Ne te laisse pas partir, je t'en supplie Ekar ! Tu ne peux pas faire une telle chose ! Tu as réuni les sept guerriers du sable, tu as combattu pour le désert, pour ton pays, tu as combattu pour nous tous, tu ne peux pas mourir, pas maintenant, pas de cette façon !
-Si justement. Parce que... ma mission... est terminée... J'ai assuré le salut... de cette génération... Il est temps pour moi rejoindre... mes compagnons... »
Avant qu'elle sombrait dans les ténèbres, il l'avait embrassée. Et à sa grande surprise elle approfondit la caresse des ses lèvres et de sa langue sur les siennes.
« Je t'aime... »
Une larme dévalant sa joue, elle ferma doucement les yeux. Ankara ne voulait pas le croire. Elle l'avait sorti de son oasis isolée, elle lui avait fait connaître la magie, la solidarité, l'amour pour sa patrie. Elle lui avait tout dévoilé d'un monde qui était pourtant le sien. Elle l'avait, sans doute sans le vouloir, initié à l'amour. Et voilà qu'elle partait.
Le sang sur leur corps était encore chaud, son sang.
A l'heure des funérailles, ce fut un défilé digne d'un grand noble qui accompagna la litière sur laquelle elle reposait. De l'inconnue aux cheveux de sable on retenait l'éclat d'une joie de vivre et d'une volonté à toutes épreuves, une femme qui avait combattu sans failles et avec la plus grande ferveur pour toutes les vies, riches ou pauvres, méritantes ou non.
Le prince, voyant Ankara muré dans un silence de marbre, s'avança en personne pour prononcer les derniers mots qui précéderaient son incinération.
« Nous rendons hommage en ce jour... à la guerrière la plus déterminée et pieuse que j'aie jamais connue. Son sens de l'honneur et ses valeurs nous ont servis plus qu'ils ne l'ont servie elle. Et pourtant, jusqu'à la dernière seconde, elle fut là pour nous tous. »
Il regarda de nouveau Ankara, marquant une longue pause.
« Nous le savons tous, la guerre est un fléau que nous ne pourrons jamais enrayer. Ekar avait choisi d'essayer, malgré tout, de régler nos problèmes sans passer par la guerre. Elle avait choisi d'écouter son coeur et ses idéaux. Nous déplorons une femme qui a aimé en silence depuis plusieurs années. »
Ankara sursauta. Le prince le regardait directement sans se cacher, et par extension toute l'assistance. Sans se démonter, il continua :
« Elle a préféré réprimer ses propres sentiments et mener des batailles toutes plus décisives que les autres afin de servir sans faillir. Son abnégation doit être un exemple pour tous ceux qui l'apprécient à sa juste valeur : elle a sacrifié une vie égoïste de confort et de bonheur pour sauvegarder celles de tout un peuple qui l'a parfois humiliée, traitée sans aucune compassion et même rejetée de par sa différence. »
« Alors c'est cela que tu voulais me dire Ekar ? Songea Ankara. Qu'il me fallait choisir entre l'amour que je te portais et la guerre imminente pour être un bon guerrier ? Que mes convictions ne sont pas compatibles ? Et si je l'avais fait, serais-tu encore là ? Si j'avais su choisir à temps, aurais-je pu, au moins, me battre à tes côtés tout en t'aimant en silence comme tu le faisais ? Voilà un choix cruel choix que le destin nous impose... Pardon. »
Dernière modification par Meiroh (08-12-2011 01:24:41)
Hors ligne
medusa


Texte 10
Auteur : SchloupiXIV
Il était là, devant moi...
Elle aussi, d'ailleurs, mais je ne savais pas qu'elle voulait aussi que je reste. Pour tout dire, je ne pensais pas que ni l'un ni l'autre n'aurait envie d'être seul. Ils semblaient si... solitaires. Proches de moi, et pourtant dans le silence, il n'y avait que leurs regards, intenses, dans le jour à peine commencé. Je pensai l'espace d'un instant à tout ce chemin qu'ils avaient fait pour moi, seulement une centaine de mètres, mais pourtant un véritable exploit. Eux qui n'étaient jamais sortis de la maison...
L'aube éclairait avec douceur les prairies sauvages qui nous séparaient du manoir, le vent faisant danser les herbes dorées comme des vagues. La demeure au loin trônait, au bord de la falaise, dans son élégance devenue habituelle à mes yeux. Alors que derrière les falaises, la mer s'étendait à perte de vue, de l'autre côté, la forêt naissait pour s'enfoncer dans le continent, derrière moi. Avais-je conscience finalement de ce que je voulais laisser? J'y avais pourtant tant réfléchi.
Mais, même si leur âge avait pu leur permettre de se passer de moi, je percevais encore la fragilité chez eux. Elle, qui avait pourtant une force de caractère certaine, paraissait démunie, les longs cheveux bruns et ondulés au vent, la lueur rougeâtre dans l'ambre de ses yeux, sa minceur... Et lui, qui prenait en carrure, était encore si sensible, le visage imberbe, le bleu pur dans ses yeux, la peau si blanche...
Cela faisait maintenant sept ans que j'avais acquis cet endroit. Sept années de calme, de longues ballades et de réflexion... Mais le passé court toujours après moi. Je n'arrive pas à l'arrêter. Et à nouveau, il m'avait rattrapé...
La lettre était arrivée il y a cinq jours. Nous ne recevons pas de courrier habituellement, et je fus étonné en trouvant un messager devant ma porte, ce matin-là. Au fond de moi, je savais que ça arriverai, mais pas si tôt, non, pas si tôt... le temps passe tellement vite. Les souvenirs défilaient devant moi. Mon arrivée dans le corps de l'armée, ces années passées à gravir les échelons, puis Adélia... Je l'avais rencontrée dans ce petit village où nous avions débarqué, il y a si longtemps déjà. Je l'avais tant aimée... Elle m'avait donné ceux qui aujourd'hui trônent encore devant moi, et... ah, oui, c'est vrai qu'ils sont toujours là.
Pourtant, j'ai toujours pensé qu'elle partirait, mais elle m'a toujours soutenu, tout comme eux. Nous avons fait beaucoup de chemin ensemble, des villes, des pays et des mers, pendant de nombreuses années. Je n'aurais jamais pensé pouvoir m'installer ici, ne serais-ce que par manque de temps, ou encore plus : d'argent. Cette permission et cette prime étaient inespérées pour moi.
Au fond, je me doutais que ça ne durerait pas.
Je suis si fatigué... Fatigué de devoir sacrifier mon être et ma chair pour une cause qui finalement aujourd'hui m'est trop obscure. Je ne me sens pas bien, je le sais, pourtant, ai-je le choix? Est-ce que tout ce que j'ai fait, je l'avais décidé de mon propre chef? Je ne sais pas, peut-être aurais-je pu sacrifier mes convictions pour eux.
Plus rien ne me paraissait clair à présent, et plus je cherche dans mon esprit, plus les souvenirs qui me reviennent me troublent. J'ai longtemps vécu avec insouciance avant Adélia, pourtant je sais que ma vie n'aurait rien été sans elle. Lorsqu'elle m'a quitté, j'ai senti comme quelque chose partir en moi... Le départ de quelqu'un nous enlève une partie de notre être, qu'il soit ou non votre âme sœur, et s'il est vers la mort, elle ne revient... jamais. Je savais qu'elle allait partir. Je savais pour tout. Peut-être que je n'ai pas su profiter d'elle, et elle de moi. Elle ne voulait pas partir. Mais qui a le choix?
Des années de débauche défilent devant moi. Des tavernes, de la boisson, des femmes, des hommes aussi... Tout cela est bien loin, lorsque je regarde chaque matin les vagues s'échouer au bas de la falaise. Cet endroit est si paisible...
Non, je ne veux pas m'en aller. Mais... non, je n'ai pas le choix.
Je pose un baiser sur le front de chacun d'eux, qui me sont restés, puis je pars, pour me retrouver, après tant d'années, dans les terres en friches, les bois brûlés et les coups de canons. Les premiers rayons du soleil traversent les feuilles, et la végétation réchauffe ce départ glacial dans les couleurs orangées de ce mois d'octobre. Mais je ne me sens toujours pas bien, j'ai froid, je... Peut-être que j'aurais dû mieux me couvrir.
La forêt s'est éclaircie, et je regagne la vallée du village. Là-bas, je retrouverai le commandement des nouvelles armées. Je n'ai plus la même motivation, mais je n'ai plus le choix. Démissionner serait déserter, et le chemin vers l'humiliation... et la mort.
Le village est enfin là. Je suis à quelques mètres, mais... je n'avance plus. J'ai froid, tout à coup. Pourtant, je ne sens plus le vent sur mes joues, et les bruits qui sont autour de moi se font comme estompés... Le chemin n'est plus devant moi, je me sens choir au sol. J'ai compris. C'était la dernière fois. Est-ce que quelqu'un m'a vu?
Oui. Une ombre se penche sur moi. J'entends comme une plainte venant d'elle mais elle semble s'éloigner...
Les dernières lueurs disparaissent...
Dernière modification par Meiroh (08-12-2011 01:25:05)
Hors ligne
medusa


Texte 11
Auteur : Alena
"Il pleuvait. Encore. Depuis plus d’une semaine il n’avait pas cessé de pleuvoir. Et cela faisait plus de trois mois que je n’avais aucune nouvelle de lui. Je ne savais pas ce qu’il faisait, où et avec qui, je n’étais pas non plus au courant de son état de santé, de ce qu’il pensait et de ce qu’il ressentait.
Trois mois alors que depuis quatre ans nous étions comme les doigts de la main.
Je trifouillais l’anneau en argent que je portais autour du cou en regardant par la fenêtre. Ma main droite était bandé et me tirait mais je l’ignorais. Le téléphone était posé sur une tablette à côté, il n’avait pas sonné, e il ne sonnerait surement pas. C’est dire si je ne gardais pas espoir
J’ai regardé la bague encore une fois. Elle était si belle, si magnifiquement fuselée que j’avais du mal à croire qu’il l’avait acheté. Il me l’avait donné en me demandant de l’épouser. J4avais été si heureuse que j’avais failli accepté. Je ne voulais pas me marier, certes chaque fille c’était déjà imaginer dans une grande robe blanche qui la ferait ressembler à une princesse. Mais ce que je ne voulais pas c’était d’un autre lien que celui que j’avais déjà avec cet homme. Je ne l’imaginait soit se détruisant de jours en jours soit se renforçant. C’était un risque que je ne voulais pas prendre. Alors il avait acheté un second anneau, plus vulgaire, plus brut qu’il avait toujours à son pouce.
J’avais adoré. Puis il était parti travaillé. Loin. Mais je savais qu’il reviendrait, je savais qu’il pensait à moi. Après tout, c’était pour cela qu’il était parti non ?
Maintenant j’étais terrifiée. Une larme brûla ma joue, tandis que je me balançais dans le rocking-chair. Il était tout pour moi. J’avais quitté ma famille, la décevant, pour le suivre. J’avais brisé de nombreuses amitiés. Mais je n’avais jamais regretté. Parce que je l’aimais, même si je ne lui montrais pas.
J’avais imaginé toutes les possibilités mais en refusant catégoriquement cette solution. Trop choquante.
Je me souvenais encore d’une conversation, qui datait maintenant de plusieurs années :
« Je mourrai pour toi, soufflait- il
- Alors je te suivrai.
- Non, je veux que tu vives, quoiqu’il arrive. Je voudrai voir ton sourire depuis le ciel et puis tu as toujours voulu un enfant. Il faudra vivre pour lui aussi.
- Alors ne meurs pas.
- J’essaierai. »
Le souvenir de sa voix triste m’avait frappé. J’avais été stupide de croire que la conversation aurait été anodine. J’étais pétrifiée d’horreur. Qu’est-ce que cela voulait dire ? Je serrai les poings, m’empêchant une nouvelle fois de pleurer.
J’avais été si naïve de croire que tout cela durerait, si naïve de penser à être heureuse toute la vie avec celui que je croyais être l’élu. Je voulais presque plus qu’il aimerait une autre femme plutôt qu’il quitterait définitivement cette planète.
Il m’avait refait découvrir la vie, me la faisait voir d’un autre œil que noir. Et j’avais peur de tout ce qu’il pouvait me faire.
Avant je ne croyais pas en l’Amour avec un grand A. C’était inimaginable pour moi. Et quand il est arrivé, je me suis détesté, horrifiée d’avoir donner mon cœur à un type pareil que je connaissais à peine. Il pouvait me briser sur quelques mots, il contrôlait ma vie.
J’ai soudain cru qu’on frappait à ma porte. Je fixais le vide depuis un bon moment, si bien que quand j’ai détourné les yeux, ils me firent mal. Comme mon cœur qui s’était serré en un mince espoir. Mais on frappait bien à ma porte.
Je serrai mon châle autour de mes épaules, caressa mon ventre une fois. J’avais peur que ce ne soit pas lui, que se soit une personne de ma connaissance s’inquiétant à mon sujet.
Je voulais le voir, je le voulais plus que tout, à tout prix. Je me suis mise à prier le ciel, ce qui me surprit et je me suis levée lentement. Mes jambes ont chancelées mais j’ai tenu bon pour traverser la petite pièce qui représentait notre salon.
Je sentais que cette personne derrière la porte était mon tout dernier espoir, que je n’accepterai plus son absence après cela. C’était égoïste mais trop douloureux. Même si mon corps agirait encore en automate.
Mes doigts glissèrent sur la poignée dorée et soudain je n’étais plus sûre de rien. Mais la personne se remit à cogner contre le bois. Elle savait que j’étais là. La voiture n’avait pas bougé depuis une éternité et les lumière indiquait une présence à travers les fenêtres.
La clé émit un petit crissement dans la serrure, lorsque je l’ai tourné.
De toute évidence c’était un homme. Il avait de larges épaules et une grande stature, arborait un chapeau rond et me tournait le dos. Je tremblais maintenant. La porte grinça quand je l’entrebâillai. L’homme sursauta et se retourna. Il ne m’a pas sourit. Il attendait là en me détaillant lentement, s’attardait sur mes joues creuses et mon ventre rebondi. Puis il ouvra la bouche.
« Mlle Hôle ? »
J’hochais la tête et sa main s’est tendu vers moi. J’avais peur de ce que cela pouvait être. Je ne réagissais pas, alors il prit ma main et me donna l’objet qu’il tenait. Et il partit. Me laissant m’écrouler au sol en hurlant devant un anneau d’argent. "
Dernière modification par Meiroh (08-12-2011 01:25:23)
Hors ligne
medusa


Texte 12
Auteur : Dragonolas
Guerre et Amour
Falcon sortit de son sommeil. Allongé à terre, le grand guerrier attendait sans grande hâte la bataille. Une armée de barbares nomades menaçait d'envahir sa contrée natale. Il avait accepté de rejoindre les rangs alliés en espérant faire pencher la balance en leur faveur en dépit de leur faible nombre. Ce bretteur expérimenté comptait bien faire comprendre à ces envahisseurs ce qu'il en coûtait de s'introduire dans ses terres. Il leva les yeux au ciel : un temps particulièrement maussade recouvrait les plaines. L'homme soupira quand soudain il aperçut une ombre immense passer au-dessus de lui...
Lindsey déboula dans sa maison comme un boulet de canon en faisant claquer avec fracas les battants de la porte derrière elle. Elle venait d'apprendre la nouvelle..."Quoi ? Tu t'engages au combat ? As-tu pensé à nous ?" Il n'avait rien à lui répondre. Il n'osait pas. Cette jeune femme présente devant lui n'était d'autre que sa future femme. Elle était douce, charmante et drôle. Il avait fait tant de promesses à ce visage souriant... d'autrefois. A présent, celui-ci était marqué par la colère. Il y avait de l'orage dans l'air.
Des trombes d'eau se déversèrent sur les lieux du combat. L'ennemi avait déclaré la guerre en catapultant cette énorme rocher. Falcon y avait échappé de peu et sans attendre, il avait imité ses frères d'armes en empoignant ses deux épées pour ensuite dévaler la pente. Les soldats poussèrent un cri de guerre à l'unisson pour se donner force, volonté et courage. Les troupes ne regroupaient pas seulement des soldats mais aussi des civils, tous métiers confondus, venu prêter main forte, tel était le cas de Falcon. Ils représentaient tous leur patrie et allait la défendre jusqu'au pris de leur vie. Plus il s'approchait de la ligne de front, plus le forgeron sentait son adrénaline monter. Elle en devenait même débordante lorsque le choc fut inévitable.
Sa joue chauffa. Sa bien-aimée fut bien généreuse sur cette giffle. Jamais il n'avait ressentit un coup aussi fort de sa part. Lindsey voulait à tout prix qu'il reste avec elle, quitte à fuir le pays. Elle ne comprenait pas. "Sais-tu ce que je vais endurer Falcon ?" Aucune réponse. La jeune femme frappa désespéremment contre sa poitrine avant de s'effondrer en larmes.
Son adversaire implorait sa pitié à ses pieds. Mais le combattant ne l'épargna pas malgré cela. Avec ses deux épées, il tranchait par-ci, par-là tous ceux qui ressemblaient à ces brutes épaisses avec un équipement bien impressionnant par dessus leur manteau de fourrure. La plupart d'entre eux portait un glaive et un bouclier. Ce bouclier constituait une gêne considérable pour Falcon. Il devait toujours attendre une ouverture pour y glisser la lame de son épée et porter son coup fatal. Cela pouvait semblait évident mais la difficulté augmentait lorsqu'il passait d'un contre un à du deux ou trois contre un. Il en subit la grave conséquence. L'épéiste réussit à planter son épée dans le coeur d'un des barbares, bloqua la trajectoire d'une lame qui allait s'abattre sur lui mais il manqua de temps pour esquiver une seconde lame...
Des gouttes de sang coulèrent sur le plancher. Lindsey se mordait la lèvre inférieure pour se retenir de crier de rage. Elle se releva lentement et lui demanda de faire un choix décisive : "Soit tu m'aimes et tu restes avec moi ou soit tu vas faire ta guerre et tu me perds." Décidemment elle ne le comprendrait jamais pourquoi il faisait ça. Il détourna son regard en comprenant que cet amour pourtant bien réel n'aura été qu'éphémère. Une perle liquide commença à se former au coin de son oeil laissant place à un long silence.
L'eau de pluie brouilla de plus en plus sa vue en ruisselant sur le plat de son sabre. Falcon avait laissé une de ses épées sur le champ de bataille. Le nombre de guerriers des deux camps diminuaient bien rapidement et il n'aurait su dire combien de temps s'était écoulé. Epuisé, il réussit à distinguer une silhouette massive vêtue d'une armure en or. C'était sans aucun doute un des chefs barbares. Il s'éloignait de plus en plus de lui...
Sa douce moitié courut désespérément vers la sortie. N'ayant jamais nier qu'il ne l'aimait plus, l'amant réagit tout de suite et se lança à sa poursuite.
Le forgeron allait presque atteindre son but. Tuer un des meneurs allait désorganiser une partie de l'armée rivale. Il était prêt à tenter le tout pour le tout ayant déjà tout perdu... Falcon brandit son épée en direction de son objectif.
Cette femme qu'il aimait plus que tout avait déjà atteint le seuil de la porte. Alors qu'il allait hurler quelque chose, elle se retourna.
Son ennemi avait repéré instinctivement sa présence et lui faisait maintenant face à face, attendant de pied ferme. Cet incroyable barbare intimidant lui hurla au nez.
"C'est terminé entre nous ! Je ne veux plus jamais te revoir !"
*
Son coeur sursauta. La pointe d'une lame s'était enfoncée dans sa poitrine. Il avait mal... Terriblement mal. La douleur fut trop intense. Le monde s'évanouit autour de lui. Il ressassa ce qu'il aurait dû lui dire.
"Je t'aime mais sache que je me bats pour toi et pour mon pays. Ce qui m'envoie aux champs de bataille n'est guère d'autre que l'amour. L'amour cause douleur et bonheur tu devrais le savoir. C'est aussi un lien qui nous condamne à s'aimer pour l'éternité alors si je ne suis plus amené à te revoir, saches que tu resteras à tout jamais ma bien-aimée et que tout ce que j'ai fait jusqu'à présent n'est que par amour."
Dernière modification par Meiroh (08-12-2011 01:25:41)
Hors ligne